La plupart des pommiers ne produisent pas des pommes seuls. Ils ont besoin d’un voisin de la même espèce (pommier) mais d’une autre variété qui fleurit en même temps. Un arbre peut faire de superbes fleurs au printemps et presque aucun fruit à l’automne. Comprendre la pollinisation, c’est s’assurer d’une bonne récolte. Voici l’essentiel, expliqué simplement.
Pourquoi un pommier a besoin d’un partenaire
Pour qu’une fleur de pommier se transforme en pomme, son pistil doit recevoir du pollen. Ce transport se fait surtout grâce aux abeilles et aux autres insectes butineurs, qui passent de fleur en fleur.
Le problème, c’est que la grande majorité des pommiers sont auto-stériles. Cela veut dire qu’un arbre ne peut pas se féconder avec son propre pollen, ni même avec le pollen d’un autre arbre de la même variété. Un verger planté uniquement de Reine des Reinettes, par exemple, produira peu, même avec des dizaines d’arbres, car tous portent le même pollen.
La solution est simple. Il faut planter au moins deux variétés différentes de pommiers, capables de se polliniser mutuellement.
Les trois conditions d’une bonne pollinisation
Pour que deux pommiers se fécondent correctement, trois conditions doivent être réunies.
1. Des variétés différentes
Deux arbres de la même variété ne suffisent pas. Il faut deux variétés génétiquement distinctes.
2. Des floraisons qui se chevauchent
Le pollen ne se conserve pas. Il faut donc que les deux arbres fleurissent au même moment, ou au moins que leurs périodes de floraison se recoupent en partie. On classe souvent les pommiers par groupes de floraison (précoce, mi-saison, tardive). Deux variétés d’un même groupe, ou de groupes voisins, sont des partenaires fiables.
3. Une distance raisonnable
Les insectes butineurs ne parcourent pas des kilomètres. En pratique, on conseille de planter les partenaires à moins de 20 à 50 mètres l’un de l’autre. Au dela la pollinisation est possible mais plus aléatoire.
Le cas des variétés triploïdes, le piège à connaître
C’est le point le plus important de cet article, et le plus souvent ignoré.
La plupart des pommiers sont dits diploïdes. Ils possèdent deux jeux de chromosomes et produisent un pollen fertile, capable de féconder d’autres arbres. Ce sont de bons pollinisateurs.
Mais certaines variétés, souvent anciennes et vigoureuses, sont triploïdes. Elles possèdent trois jeux de chromosomes. Cette particularité a une conséquence directe au verger. Leur pollen est stérile ou de très mauvaise qualité. Autrement dit, une variété triploïde donne des fruits si elle est bien pollinisée, mais elle est incapable de polliniser ses voisines en retour.
Concrètement, si vous plantez une variété triploïde, elle a besoin de deux autres pommiers diploïdes pour bien fructifier :
- un premier diploïde pour polliniser la triploïde
- un second diploïde pour polliniser le premier, puisque le pollen de la triploïde ne suffit pas à assurer sa fécondation
Une triploïde ne doit donc jamais être plantée seule avec un unique partenaire. Il faut toujours raisonner à trois arbres au minimum.
Dans notre catalogue, plusieurs variétés sont triploïdes. C’est le cas de la Canada Blanche, du Canada Gris et du Locard Vert. Ce sont d’excellentes pommes, mais elles ne comptent pas comme pollinisatrices pour le reste du verger. Si vous en choisissez une, pensez à l’accompagner de deux variétés diploïdes qui fleurissent à la même période.
Et les variétés autofertiles ?
Quelques rares pommiers sont autofertiles. Ils peuvent produire des fruits avec leur propre pollen, sans partenaire obligatoire. Dans notre catalogue, c’est par exemple le cas du Cœur de Bœuf, de l’Avrolles, de la Cox Orange, de la Golden et de la Granny.
Attention toutefois. Même autofertile, un pommier produit toujours mieux avec un partenaire à proximité. L’autofertilité garantit une récolte minimale, pas une récolte optimale. Si la place le permet, planter une seconde variété reste toujours un bon calcul.
De bonnes variétés pollinisatrices
Certaines variétés diploïdes fleurissent abondamment et longtemps, ce qui en fait des pollinisatrices particulièrement efficaces pour l’ensemble d’un verger. La Reine des Reinettes est l’une des plus réputées. Sa floraison étalée en mi-saison la rend compatible avec un grand nombre d’autres pommiers.
D’autres variétés diploïdes de notre catalogue, comme le Chailleux ou le Clochard, fonctionnent également bien comme partenaires, à condition de vérifier que leurs floraisons se chevauchent avec celle de la variété à polliniser.
En résumé
- La plupart des pommiers sont auto-stériles. Il faut au moins deux variétés différentes.
- Les deux variétés doivent fleurir en même temps et être plantées à faible distance.
- Les variétés triploïdes (Canada Blanche, Canada Gris, Locard Vert) ne pollinisent pas les autres. Elles demandent deux partenaires diploïdes.
- Les variétés autofertiles peuvent produire seules, mais font mieux accompagnées.
Un doute sur l’association de vos variétés ? Nous prenons le temps du conseil. Dites-nous ce que vous voulez planter, nous vous aidons à composer un verger qui fructifie. Retrouvez l’ensemble de nos variétés sur la page pommiers, tous greffés et cultivés sur place, en racines nues et certifiés bio.
